Persona 4 (ps2)

Graphisme
8/10

Le mélange de styles (manga, anime, 3D, artworks incrustés, cel-shading…) qui pouvait déconcerter dans les premiers épisodes est définitivement arrivé à maturité. Parfaitement maîtrisé dans ce quatrième Persona, il charme bien souvent par son sens du détail et plus spécialement durant les petites scènes de la vie courante. Les donjons n’étonnent pas forcément avec leur structure classique reposant sur les traditionnelles enfilades de corridors. En revanche, la totalité des combattants ainsi qu’une bonne partie des monstres bénéficient d’un chara-design très inspiré.
Son
8/10

Même sans faire partie des puristes, on peut regretter que le doublage japonais n’ait pas été conservé, la série des Persona offrant par ailleurs une immersion assez profonde dans le mode de vie nippon. On se consolera néanmoins avec un doublage anglais très méritant. A l’instar du parti pris graphique, la bande-son brasse de nombreux genres musicaux (pop, metal, électro) mais toujours avec une certaine classe. La qualité des bruitages est plus inégale : ceux de la vie courante surprennent bien souvent par leur réalisme alors qu’ils rentrent davantage dans le rang pendant les combats.
Jouabilité
9/10

Persona 4 ne fait que peu évoluer la formule de son prédécesseur mais il faut dire que celle-ci était déjà particulièrement riche et complète. Régulièrement consultés, les menus se révèlent fonctionnels et, ce qui ne gâche rien, assez séduisants. A l’instar des précédents opus, le challenge est plutôt relevé et exigera pas mal de “level-up”. A noter que le jeu est en version anglaise intégrale et que si des sous-titres (en anglais donc) accompagnent les nombreux dialogues, ils sont en revanche absents des cinématiques. Mieux vaut donc être bien familiarisé avec la langue de Shakespeare.

Intérêt Global : 9/10

Que feraient les “rôlistes” européens sans leurs bienfaiteurs Koei et Square Enix ? Depuis que les deux éditeurs japonais ont fait tomber les frontières et produisent à tour de bras des versions pal des plus grands RPG de l’archipel, il ne se passe quasiment plus un mois sans qu’un hit de la catégorie ne débarque sur le vieux continent. Persona 4, nouvel opus de la série dérivée de Shin Megami Tensei, en est la dernière illustration et, tout comme ses prédécesseurs, ce jeu de rôle pointu a choisi la PS2 pour nous faire partager un univers fortement ancré dans la culture nippone.

Exode urbain

Quand on est jeune lycéen, on ne rêve pas forcément de quitter la ville pour vivre à la campagne – nombreux sont ceux qui vendraient plutôt père et mère pour effectuer le chemin inverse. C’est pourtant ce que fit le héros de notre histoire, en avril 2011, quand il partit s’installer chez son oncle, inspecteur de police, dans la petite ville rurale d’Inaba. Notre ami allait donc passer sa deuxième année de lycée dans un cadre particulièrement paisible, “un cadre très ennuyeux” rectifièrent aussitôt ses nouveaux camarades de classe. Ces derniers eurent néanmoins à cœur de faciliter son intégration en lui présentant les quelques “attractions” de la ville. Une intention louable mais finalement dispensable, d’étranges événements devant bientôt accaparer tous les esprits. En l’espace de quelques jours, deux meurtres ont en effet été perpétrés dans la pas-si-tranquille petite ville et tous deux selon un bien curieux mode opératoire. La situation laissant les forces de l’ordre dans la plus grande perplexité, notre héros et ses nouveaux amis décident de prendre l’enquête en main.

Temps de préchauffe

A l’instar des précédents Persona, une large part de ce quatrième volet est consacrée à la narration et quand on dit “large” on pèse nos mots puisque, dans les faits, on est beaucoup plus spectateur qu’acteur pendant les trois premières heures de jeu. La durée de cette entrée en matière serait normalement de nature à refroidir les joueurs pressés d’en découdre pourtant, comme on le verra plus tard, ce n’est pas forcément un problème ici et puis, rétrospectivement, cela correspondait aussi au temps de mise en route de Persona 3, épisode avec lequel ce nouvel opus partage beaucoup de points communs.

Personas contre Shadows

En effet, si le scénario et la plupart des personnages n’ont plus rien à voir avec ceux du précédent volet, en revanche les ficelles du gameplay tout comme le découpage “vie sociale / dungeon-RPG” sembleront vite très familiers aux yeux des habitués. On retrouve ainsi nos combats au tour par tour ainsi que la double gestion des points de vie et des points d’esprit, mais aussi les “Shadows”, entités maléfiques officiant dans une dimension parallèle, et bien sûr les invocations qui vont nous permettre de les contrer : les fameux “Personas”. Ces Personas, que l’on pourra toujours faire fusionner pour en obtenir de plus puissants, synthétisent en quelque sorte les valeurs de nos jeunes héros qu’ils restituent sous forme d’attaques plus ou moins efficaces en fonction des ennemis en présence. Sans rentrer dans les nombreuses subtilités du gameplay, disons que l’idée générale est de trouver puis d’exploiter le point faible des ennemis (le feu ou la glace par exemple) afin de pouvoir placer des attaques supplémentaires avant que les Shadows n’attaquent à leur tour.

Omniprésident

En matière de combats, rien n’a fondamentalement changé. La seule évolution notable devrait toutefois aller droit au cœur de ceux qui aiment bien tout régenter puisqu’il est désormais possible de donner des ordres aux coéquipiers. Cette amélioration, que de nombreux fans avaient demandée, revient cependant à ralentir un peu le rythme des affrontements. Si vous préférez conserver un certain dynamisme, rien ne vous empêche de déléguer, d’autant que les alliés utilisent intelligemment leurs pouvoirs, sollicitant immédiatement celui qui exploite la faille de l’adversaire dès que celle-ci a été mise à jour. Au pire, si vous voulez qu’ils économisent leur magie, vous pourrez toujours leur en donner la consigne ou bien, d’une simple pression sur un bouton, envoyer toute votre troupe dans un rush de coups physiques.

De l’utilité d’Evelyne Dhéliat

L’autre principal trait de caractère de ce Persona 4 affecte la seconde dimension du jeu, à savoir la vie quotidienne de notre avatar, et il s’agit des prévisions météo. Ces dernières, consultables à partir de n’importe quel poste télé, vont déterminer nos activités entre deux phases de combat. Sachant en effet que les Shadows n’accomplissent leurs forfaits que sous certaines conditions météo (les jours de brume après plusieurs jours de pluie), il incombe à notre héros d’exploiter au mieux les périodes d’accalmie climatique pour notamment accroitre ses connaissances ou tisser les liens sociaux qui lui serviront, respectivement, à contrôler des Personas de hauts niveaux et à améliorer le team-play pendant les combats. Ce pan du jeu, plus calme et surtout plus pacifiste, est l’occasion rêvée de se plonger dans un univers soigné où des “animes” de haute volée conjuguent leurs efforts avec une multitude de petits détails valorisant aussi bien les environnements que les animations des personnages. A ce sujet, Persona 4 peut être fier de son character-design, très stylé, et du background accordé aux divers protagonistes par le biais des nombreux dialogues parlés. Les personnages savoureux ne manquent pas tel notre premier professeur, foncièrement antipathique, avec son physique à la Steve Buscemi. Quant aux créatures, elles ne sont pas en reste, certaines semblant même s’être directement évadées d’un film de Hayao Miyazaki. Mais le véritable tour de force de ce nouvel opus est sans doute d’avoir su magistralement connecter sa partie dungeon-RPG à sa partie narrative, à l’image de la très subtile introduction de l’armurerie où seront forgées de nouvelles armes et où nous feront régulièrement nos emplettes.

Une croisade au long souffle

Dans sa quête de perfection, Persona 4 allie le fond à la forme avec une durée de vie impressionnante à créditer d’une part à la longueur de l’aventure et d’autre part à la difficulté des combats, le soft étant resté très “japonais” sur ce critère dans sa version européenne. A la soixantaine d’heures de jeu annoncées, il convient ainsi d’en rajouter une bonne trentaine pour tenir compte des combats perdus, parfois synonymes de donjons à recommencer, et du temps variable que l’on consacrera aux diverses activités (quêtes secondaires, petits boulots, pêche à la ligne…). Si en plus vous voulez découvrir toutes les fins différentes, il est clair que vous n’êtes pas prêt de ranger le jeu dans sa boîte.

Comptant sur un système de combat redoutable, une réalisation méticuleuse et un scénario particulièrement fouillé traitant fort habilement l’ambivalence de ses personnages, Persona 4 s’impose comme un nouveau maillon fort à rajouter à la chaîne des plus grands jeux de rôle. Sur fond de thriller psychologique, Atlus nous offre une expérience marquante et captivante, en outre accessible à un prix de vente ridicule (30 euros). Encore un chef d’œuvre pour la PS2… que n’aurait certainement pas boudé la PS3.

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