Enter the Matrix sur Xbox

Graphisme
60 %

Sommaire et bugé. Ainsi pourrait être résumé le visuel du jeu. On est à 100 lieues des références du genre que sont Metal Gear Solid ou Splinter Cell et auxquels de nombreux éléments sont empruntés (gestion des ombres). Détail agaçant : il faut sans cesse changer le format d’image entre les phases interactives et cinématiques en 16/9 et les séquences vidéos en 2.35, 4/3.
Son
90 %

Le véritable point fort technique du jeu : bruitage des armes et musiques sont directement empruntés aux films de la trilogie. La BO variant en fonction des passages (oppressantes, rythmées) est une vraie réussite. Les possesseurs d’installation DD 5.1 apprécieront les effets se baladant d’enceintes en enceintes.
Jouabilité
70 %

Une IA très faible, une difficulté très variable et mal dosée mais une prise en main assez aisée, un large choix d’armes (depuis le pistolet jusqu’au M16 en passant par le fusil de sniper) et un bon éventail de mouvements possibles, surtout lors des combats au corps à corps (enchaînements pieds/poings très réussis).

Intérêt Global : 60 %

Autant être clair dès le départ, Enter The Matrix (ETM pour faire plus court) est une déception. Autant Matrix Reloaded était sujet à débat (film soporifique et prétentieux pour les uns, génie visuel et richesse thématique pour d’autres), autant ETM ne suscitera guère le même genre d’affrontement pro/anti. Si le jeu n’est pas totalement raté, les raisons de ce “semi-échec” sont multiples.

La diversité de l’échec

L’une de ces raisons dont vont notamment en découler d’autres : la diversité des genres. Action-exploration à la troisième personne (environ 90% du jeu), course automobiles, simulateur d’aéronef, combat mano à mano … à trop vouloir mélanger les genres, ETM finit par ne convaincre dans aucun. Bien rares sont les jeux qui se risquent à un tel hétéroclisme pour la simple et bonne raison que chacun de ces genres fait appel à des exigences techniques bien spécifiques. C’est là qu’intervient la seconde raison (et sans aucun doute la principale) de la non-réussite du jeu : sa date de sortie. Alors que de plus en plus d’éditeur n’hésitent pas à repousser de plusieurs mois la sortie d’un titre phare afin de s’assurer le meilleur produit possible en corrigeant un maximum de bugs traînant ça et là, la sortie d’ETM devait impérativement avoir lieu le 15 mai 2003, soit à la même date que la sortie mondiale de Reloaded dans les salles. Impossible dans ces conditions de nettoyer le jeu de fond en comble de ses éventuelles imperfections.

Les minorités faibles

Commençons par les phases minoritaires : course autos (trois fois), simulateur (une seule fois) et combat au corps à corps (trois ou quatre fois). Sans contestation possible les plus faibles techniquement parlant, ces portions ne sont de toute évidence présentes que dans le seul et unique but de coller à l’action du film, point sur lequel nous reviendrons un peu plus bas. Première déconvenue, ces phases sont d’une simplicité enfantine. Une fois au volant, mettez le pied au planché en slalomant entre les autres véhicules, tirez une ou deux fois histoire d’exploser une voiture qui se retourne alors et fait barrage et le tour est joué. Quant à la direction, ce n’est pas beaucoup plus dur : c’est tout droit ou presque. On est bien loin de la difficulté et du fun d’un Driver ou d’un Vice city. Même refrain pour la partie simulateur où vous prenez les commandes d’un des célèbres aéronefs du film, en l’occurrence le Logos, le vaisseau commandé par Niobe (Jada Pinkett Smith) : à fond, à fond, à fond sans jamais relâcher ni la manette des gaz, ni la gâchette de tir. Quant aux phases de combats, c’est à peine plus compliqué : oubliez à nouveau la finesse, vous parviendrez beaucoup plus rapidement à vos fins en enchaînant frénétiquement coups de pieds et de poings. Et n’hésitez surtout pas à poursuivre ce lattage une fois votre adversaire à terre, sa barre de vie mettant tout de même du temps avant de chuter à zéro. On est à nouveau bien loin d’un SoulCalibur et autres Virtua Fighter. Difficile également de trouver une once de qualité technique à ces trois phases marginales du jeu, le pire étant assurément le simulateur (et accessoirement dernier niveau du jeu), proprement indigne d’une console 128 bits (à moins qu’on ne soit ici en présence d’une version 16 bits ?).

La majorité forteLes sections majoritaires à présents : les phases d’action-exploration à la troisième personne style Tomb Raider et autres Metal Gear Solid (MGS) et Splinter Cell. Même si elles demeurent graphiquement assez pauvres et bien en deçà des modèles précédemment cités, ces portions du jeu sont néanmoins les plus réussies (pas trop dur me direz-vous en comparaison des autres phases). En reprenant en effet la majorité des qualités de ses illustres aînés, ETM parvient à créer un univers palpable et plutôt réussi : gestion des ombres et des dégâts infligés à l’environnement notamment mais aussi panoplie de mouvements (s’accroupir, se coller dos au murs et jeter un coup d’œil alentour, se suspendre à un tuyau ou une corde et mettre ces adversaires en joue depuis cette position …) autant d’emprunts réussis même si une fois encore, on est bien loin des références du genre (l’animation lors d’une montée d’échelle est à mourir de rire). Bugs et autres ralentissements sont fréquemment pour ne pas dirent systématiquement de la partie et nul doute que cette date de sortie fatidique du 15 mai 2003 est une fois de plus pour beaucoup dans ces lacunes laissées ballantes.

La concentration à la rescousse

S’il ne faut pas disposer d’un QI einsteinien pour la partie exploration avec tout juste un ou deux boutons à actionner tandis que la linéarité du jeu est d’une platitude navrante (le même genre de reproche étant applicable à MGS et Splinter Cell), ETM se rattrape heureusement grâce à son point le plus fort : l’action. Certes, Dead to Right et autres Max Payne sont passés par là avant lui mais n’oublions pas que la popularité du célèbre Bullet Time vient avant de Matrix (même si l’invention est antérieure et, cocorico, française). Rendons donc à César ce qui appartient à César et reconnaissons avec un minimum d’honnêteté que le fameux effet n’a jamais paru aussi crédible qu’au sein de l’univers fictif imaginé par les Wachowski. Quel panard de pouvoir courir sur les murs, faire la roue tête en bas, bondir en avant ou en arrière tout en dégainant ses armes et en observant le somptueux ballet des trajectoires de balles virevoltant en tous sens ou bien encore balancer quelques coups de lattes, projections et autres désarmements face à des adversaires pris de vitesse, le tout avec un choix de coups et d’armes aussi diversifié que dévastateurs (et dont les moindres manipulations nous sont par ailleurs détaillés au fur et à mesure grâce à un guide de conseils assez confus). Ce pouvoir de “concentration” n’est évidemment pas inépuisable mais quel plaisir, quel joie de se croire enfin aux commandes de n’importe lequel des personnages du film.

ETM dans l’univers Matrix

Et de personnages il en est question de deux : Niobe (Jada Pinkett Smith) ou Ghost (Anthony Wong) à choisir au début, sachant que l’un ou l’autre amènera à certains moments clés son lots de différences. Car ne l’oublions pas, ETM est avant tout un morceau à part entière de l’univers Matrix. En effet, les frères Wachowski ne se sont pas contentés de déléguer l’adaptation de leur saga à une quelconque société, ils ont eux-mêmes scénarisé et supervisé de près ce jeu comme un complément aux films, allant même jusqu’à filmer pas loin d’une heure de séquences vidéos exclusivement visibles dans le jeu. La question qui se posent alors est la suivante : comment s’intègre ETM au sein de l’univers Matrix ? Excellemment bien en fait et on pourrait même dire que cet aspect du jeu est sans l’ombre d’un doute le point le plus fort. Le début du jeu se situe juste après les évènements de Final Flight of the Osiris (l’un des neuf Animatrix, autre pierre angulaire de l’univers Matrix) avant de rejoindre et de s’achever au même endroit que ceux de Reloaded. Si certains niveaux sentent une fois encore la présence obligatoire ou alambiqué (la partie dans le château de Merovingien est d’une simplicité et d’une rapidité déconcertante) ou bien la longueur artificielle (les égouts ou la centrale électrique vite lassants) voir les deux (fuir les agents Smith lancés à ses trousses), d’autres niveaux en revanche fourniront précisément au joueur la sensation recherchée : celle de participer à la saga et plus précisément aux péripéties de Reloaded. L’autoroute ou bien la centrale électrique (pourtant barbante) sont deux exemples flagrants où les personnages du jeu, volontairement laissés en retrait dans le film vont enfin pouvoir retrouver la place qui leur est due au sein de l’action.

Entre ces phases interactives, des séquences vidéos donc, inédites, exclusives au jeu et filmées par les Wachowski eux-mêmes au cours du tournage de Matrix Reloaded et Matrix Revolutions. Qu’y apprend-t-on ? Pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, disons que tous les personnages de la saga sont plus (Niobe et Ghost bien sûr) ou moins (Néo, Trinity et Morpheus furtivement au cours d’une séquence) présents, que l’on découvre un peu plus de la relation entre Niobe et le commandant Lock et par conséquent de l’opposition de ce dernier avec Morpheus, que Perséphone se présente sous un aspect toujours aussi joueur et ambigu (une intrigante pour ne pas dire très excitante scène avec Niobe si vous avez choisi ce personnage et qui ne manquera pas de nous rappeler que les Wachowski sont également les réalisateurs d’un certain Bound) ou bien encore un début d’explication quant au changement d’apparence de l’Oracle (Gloria Foster, décédée au cours du tournage sera remplacée par l’actrice Mary Alice pour Matrix Revolutions).auquel ne semble pas être étranger un certain Mérovingien. La dernière de ces séquences et également épilogue du jeu étant une bande-annonce de ce même Revolutions.

Semi ratage mais intégration réussie

En conclusion, que dire de ETM ? Techniquement, sans pour autant parler de ratage total, on peut difficilement parler de réussite (beaucoup trop de défaillances graphiques) à l’exception de la partie sonore (mêmes bruitages d’armes et surtout mêmes musiques que les films, assurément le point fort de l’immersion au cœur des phases interactives), la date de sortie impérative du 15 mai 2003 ayant représenté à n’en pas douter un handicap certain pour le peaufinage de cet aspect du jeu. Très variables, la difficulté et l’intérêt des différents niveaux ne manqueront pas d’occasionner à plus d’une reprise des phénomènes de lassitude ou d’exaspération et en fin de compte seule l’intégration au sein de l’univers Matrix vaut le détour. Sans pour autant représenter un maillon indispensable à la compréhension des films, ETM apporte néanmoins son lot de renseignements complémentaires à des fans qui auront trop rarement l’occasion de véritablement prendre part aux évènements de la saga.

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